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5 novembre 2016 6 05 /11 /novembre /2016 16:19

 

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Ultiméa est en édition numérique (epub)

aux éditions chloé des Lys pour 4€99

    www.editionschloedeslys.be

 
Du même auteur, vous trouverez aussi Histoires curieuses et édifiantes et Par toutes ces nuits sans lune  (4 € 99) 

 

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4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 10:23

 

 

Brisées, recueil de poèmes de Marcel Baraffe


brisées

 

Invitation

 

Passé le seuil des souvenirs

La porte des espérances crisse

Dès qu'on la pousse pour l'ouvrir.

Tant et tant de cailloux à polir !

.............................................

.............................................

Pierres devenues si fines, si légères,

Si plates, qu'une fois lancées

Vers l'attente du chemin

Elles rebondissent jusqu'à l'horizon.

 

Invitation (extrait) est le premier des soixante poèmes du recueil Brisées.

Brisées est un long cheminement à travers les souvenirs, un effort de mémoire pour tenter de figer les traces laissées sur les chemins empruntés tout au long d'une vie de voyages. C'est le récit d'une marche sur les brisées de deux vies : Toi,moi et la trace de nos pas sur les chemins du monde.  Chaque poème est un caillou laissé sur le bord des sentiers, ceux de l'Estérel, L'horizon fait de l'arrondi parfait de deux collines proches ( Les chemins impromptus) ; des volcans du Mexique, Ecriture de rocaille jusqu'aux reflets de névé / Qu'une main puissante a gravée (Légende), des monts de Chine, une étendue vide de vieille soie jaunie / Pour dire l'eau et le ciel ( Trois buffles)...

Poèmes d'amour, Le triangle qui va de moi jusqu'à nous deux / est une blanche ligne, la tranche du miroir / Qui est toi et par quoi je peux me voir (Encre), de révolte, Des murs déjà sanglants pleins de vivante cible / Et les suivants dans une attente horrible (Graffiti) ...

Poémes étranges dont il faut trouver la clé pour les ouvrir,  Carrousel endiablé de multiformes bonbonnes / choquetant leurs rondeurs sporadique musique (Alcool) ...

 

Brisées (© 2014 Marcel Baraffe Copiright France), un recueil de poésie disponible chez l'auteur, contact par ce blog.


 

 

 


 

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16 août 2015 7 16 /08 /août /2015 10:54

  Brume de sang, est une biographie romancée de Li Po, un grand poète chinois du 8ème siècle, un personnage fantasque et attachant dont l'oeuvre marqua la littérature chinoise.

 

Li Po

 

Li-Po.jpg« J’ai dans ma maison, le plus grand poète peut-être qui ait jamais existé : Je n’ai pas osé en parler encore à Votre Majesté, à cause d’un défaut dont il paraît difficile qu’il se corrige : il aime le vin, et en boit quelquefois avec excès. Mais que ses poésies sont belles ! » C’est ainsi, selon le Père Amiot, que le ministre Ho présenta Li Po à l’empereur Xuangzong. L’empereur lut les vers que son ministre lui montra et, enthousiasmé, demanda à ce qu’on lui amène le poète. Li Po venait de gagner sa place à la Cour du plus illustre empereur Tang. Il y brilla autant que l’étoile qui accompagna sa naissance.

 

Ne faudrait-il donc voir en Li Po, qu’un lettré, un courtisan, ami de l’empereur dont la protection lui permettait bien des incartades et des insolences ? Cette vie facile ne lui convenait pas en réalité. Lassé des jalousies, des intrigues de ses rivaux et de ceux qu’il avait publiquement blessés et malgré l’insistance du souverain, désireux de le garder auprès de lui, il partit sur les chemins de la Chine partageant avec ses compagnons rencontrés dans les auberges le vin qu’il leur offrait avec les mille onces d’or offertes par l’empereur.

 

Le vin, toujours le vin ! Li Po, buveur invétéré alors ? La réponse est dans ses vers :

« Du vin exquis dans des coupelles mille fois remplies ;

Emmener avec soi le plaisir, et se laisser porter par les flots. »

Emmener avec soi le plaisir. C’est bien de cela qu’il s’agit, chaque fois qu’il lève sa tasse en clamant ses vers, c’est pour chanter l’émoi de la jeune fille au passage de beaux jeunes gens, le temps où le soleil éclaire la joie des convives ou évoquer de voluptueux souvenirs « derrière des rideaux brodés de lys. »

 

Le vin encore ! Mais cette fois, il s’agit de tout autre chose comme l’écrit son ami Tu Fu : « Malgré les appels de son souverain, il refuse de monter sur la barque impériale. Excusez, Sire, dit-il, je suis le dieu du vin ! »

Ivre peut-être, mais jamais suffisamment pour perdre la raison. Li Po est un homme libre et, en ces temps où le souverain a droit de vie et de mort sur ses sujets, il ne s’en cache pas : « Quand l’ivresse m’exalte… je me ris de toutes les grandeurs. » On pardonne plus facilement à un ivrogne les écarts. Et lorsque Li Po sera reconnu coupable d’avoir trahi son empereur, condamné à mort, gracié mais forcé à l’exil,  c’est à son talent et à son renom qu’il devra la vie.

 

Oublions alors cette image de bon-vivant qui colle à ses pas et que, seul, reste le souvenir d’un homme traversant une époque de splendeur et d’horreur. Il en dénonce les crimes et les injustices, s’émeut de la tristesse de la jeune fille dont le mari est tombé dans la bataille. Et l’artiste qui confiait son cœur accablé aux rayons éclatants de la lune ne pouvait faire autrement, dernier hommage à la nature, que de laisser le fleuve emporter son corps, semblable aux poèmes d’amour qu’il abandonnait à son cours.

 

 

C’est aux paradis des Immortels que nous le retrouvons dans Brume de sang. Il méritait bien de continuer à observer du haut de ces lieux mythiques l’agitation des humains ; de ses amis, de ses ennemis et surtout de deux de ses bâtards, un fils et une fille semés au cours d’un de ses nombreux voyages à travers le pays. Quel père resterait indifférent aux efforts de ses enfants tentant, au péril de leur vie parfois, de retrouver les traces laissées lors de son passage parmi les vivants ? Il y a tant de mystères autour de sa mort. Et puis, il y a aussi cette énigme entourant un paysage peint, un dernier message laissé par le facétieux poète dont le contenu est si important qu’il attire la convoitise d’un jeune intrigant, un personnage maléfique comme on en rencontre nulle part ailleurs qu’à la Cour de l’empereur de Chine.

 

Brume de sang, un roman de Marcel Baraffe aux Editions Orizons.

 

 

 

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2 août 2015 7 02 /08 /août /2015 11:10
A demain

 

 

A demain

 

      Personne, ce samedi soir-là, en s’endormant plus ou moins tard et même en ne s’endormant pas du tout, n’avait une idée de ce qui l’attendait le lendemain. « A demain ! » avaient, machinalement et dans leur propre langue, glissé à leurs proches ceux qui avaient en-core quelques notions de politesse. « A demain ! » leur avait-il été certainement répondu. Une formule bien simple et qui, jusqu’à présent, n’avait jamais posé le moindre problème à ceux qui l’utilisaient. Et pourtant, il fallut bien se rendre à l’évidence, alors que les yeux commençaient à s’ouvrir, que les pieds nus se glis-saient dans les pantoufles, que les premières gouttes tombaient dans les cafetières, ce matin-là était, stupeur et abomination, un lundi matin, un horrible lundi matin, bien pire que tous les autres puisqu’il avait, d’un incompréhensible coup de gomme, amputé la semaine de son repos dominical. « Merde, on nous a supprimé le dimanche ! » fut l’expression qui jaillit unanimement (mes témoins sont sur ce point formels) de tous les gosiers, dans toutes les langues vernaculaires ou non, les patois, les dialectes et leurs variantes. Le premier réflexe fut de téléphoner aux voisins, aux amis, à la famille pour s’entendre con-firmer la terrible nouvelle. En second lieu, on essaya de prendre l’avis des médecins et des pharmaciens ainsi que des pompiers et des forces de police ; avec le même résultat. Enfin, mais sans grande conviction car nul n’ignorait que les administrations ne tra-vaillaient pas le lundi matin, on tenta d’avoir un avis officiel. Il fal-lut se contenter d’écouter le message d’un répondeur vocal don-nant des horaires d’ouverture dont personne n’avait que faire en un moment aussi grave. Le résultat de tout cela fut un encombrement monstre des circuits téléphoniques qui mit les techniciens de la communication de permanence sur le pied de guerre et leur rappe-la le dur moment des vœux du 1er janvier 2000 dont leur avaient parlé les anciens. « C’est passager ! » dirent les plus optimistes. « Attendons dimanche prochain et vous verrez que tout rentrera dans l’ordre. » La semaine fut longue et pénible et lorsque vint enfin le samedi soir, tout le monde veilla, à part ceux qui se laissèrent prendre par un programme de télévision. C’était, pensait-on, le meilleur moyen pour débusquer le phénomène si jamais il venait à se renouveler. La nuit ne fut pas différente des autres, mais lorsque le matin vint, il fallut se résoudre et admettre qu’il avait bien l’apparence d’un lundi matin. Cette fois l’accusation fut plus directe : « Ils nous ont bel et bien supprimé le dimanche », suivie parfois d’insultes plus ou moins grossières mais sans qu’il n’y ait d’allusions précises sur l’identité du « ils ».

       Heureusement...

    A demain, nouvelle extraite de "Histoires curieuses et édifiantes" Editions Chloé des Lys.

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3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 10:46

Menaces en l'air

extrait d'une des nouvelles tirée

d'Histoires curieuses et édifiantes

de Marcel Baraffe.

 

Orbite équatoriale basse, altitude 383 km.

Le véritable exploit n’avait pas été de placer en orbite un satellite de 216 mètres de long sur 150 de large et pesant plus de 1000 tonnes mais bien d’y faire vivre ensemble et en permanence quinze personnes, hommes et femmes de races, de nationalités, de confessions et d’opinions différentes. Le volume total habitable qui leur était dévolu était de 2 500 m3, ce qui en théorie, et selon un petit calcul tout simple, reviendrait à attribuer à chacun une surface équivalente à la suite royale d’un hôtel de luxe. En théorie, car en réalité le seul petit coin intime dont ils disposaient n’était pas plus grand que l’espace accordé à un voyageur de la classe touriste sur l’ensemble des lignes aériennes ; tout juste de quoi tendre les jambes quand on n’était pas trop grand. La sélection après des tests poussés à l’extrême avait été, on s’en doute bien, sévère. De multiples exercices de préparation en laboratoires avaient amené les colocataires du vaisseau à évoluer, à se nourrir et à boire dans un espace en apesanteur, c’était la moindre des choses. Mais le plus difficile avait été de les entraîner à maîtriser leurs particularités identitaires de façon à réduire au maximum les risques de situations conflictuelles toujours possibles au sein d’un groupe dont le nombre d’individus est supérieur ou égal à deux. Chacun, avant de monter dans la fusée les amenant à bord, s’était délesté de tous les traits caractéristiques susceptibles de générer des problèmes relationnels. Le plus dur avait été de faire taire les préférences culinaires. Il avait fallu, afin de ne pas exposer certains membres à des critiques vexantes que tous s’habituent, sans rechigner, sans mots blessants, aux pâtes italiennes comme les faisait la maman et au pudding de Noël. Les psychologues chargés des programmes de préparation avaient dressé une liste des situations génératrices de comportements dangereux. Ils avaient ainsi déconseillé les retransmissions de compétitions sportives, les résultats de soirées d’élection. C’était exiger beaucoup mais c’était le prix à payer pour prétendre au titre de héros de l’espace et d’héroïnes aussi puisque, il serait injuste de le taire, les femmes avaient été durement touchées par un protocole exigeant d’elles de renoncer à tous les artifices de séduction. Une telle mesure avait no-tamment eu pour effet bénéfique de diminuer sensiblement le poids du matériel embarqué à bord.

Les psychologues, encore eux, n’avaient rien laissé au hasard. Ils avaient soumis les spationautes à une longue campagne de déshumorisation. Ils étaient ainsi parvenus, comme on supprime le besoin d’alcool, de tabac ou d'herbe, à gommer en chacun les tendances à se laisser emporter par l’humour, jugé comme comportement déviant et propre à blesser celui ou celle qui en fait les frais. Les photos du groupe envoyées aux agences de presse du monde entier montraient immanquablement des individus aux sourires et parfois même aux rires radieux. C’était, une fois de plus, tromper le public en lui faisant croire que ces gens étaient de joyeux drilles. Ainsi et en faisant l’effort d’oublier ce qu’il avait coûté aux contribuables des pays participant au programme, le projet de station spatiale habitée était un succès technologique confirmant l’avancée de l’homme dans la conquête et l’exploitation de l’espace. Il serait cependant malhonnête intellectuellement de ne pas prendre en compte la lueur d’espoir jaillie des ténèbres cosmiques. En amenant une poignée d’individus à vivre ensemble, pendant de longs mois dans un espace clos, sans heurts, on était parvenu à réaliser ce qu’il restait désormais à accomplir pour les huit milliards d’autres.

En théorie donc, encore et toujours, on vivait à bord dans une entente cordiale parfaite ; ou presque. Victor Maxime Ciberchic, un Français, était le grain de sable perturbateur au sein de la micro-communauté. Il n’était ni conscient, ni responsable de ses capacités de nuisance que les quatorze autres devaient subir en silence car ils avaient été bien formés. Victor Maxime avait la particularité de chanter chaque fois qu’il entreprenait quelque chose. Il chantait en se frottant le corps avec les lingettes humides prévues pour la toilette. Il chantait dans le sas de sortie et il devait même chanter sous le casque de son scaphandre lorsqu’il effectuait une sortie de maintenance. Son répertoire était varié quoique limité aux airs d’opéras les plus connus. Qu’il entonne le « Je crois entendre encore » des Pêcheurs de perles ou le poignant « Laissez-vous toucher par mes pleurs » d’Orféo aurait pu, après tout, être apprécié des autres si, Victor Maxime en plus de ses qualités de scientifique de très haut niveau avait reçu le don de chanter juste. Aucun des spécialistes en psychologie des groupes n’avait pensé à faire pousser la chansonnette aux candidats lors des épreuves de sélection. Victor Maxime était donc passé entre les mailles pourtant serrées d’un filet et, tout en accomplissant ses tâches avec une conscience exemplaire, il emplissait les 2500 m3 du vaisseau d’une voix si fausse qu’elle lui aurait valu, 383 km plus bas, des lazzis, des sifflets et peut-être même des tomates. « Doit-il m’en coûter la vie, non Carmen je ne partirai... » Il n’était pas habituel que Victor Maxime s’arrêtât en peine phrase. Tous, autour de lui, quittèrent du regard leurs écrans de contrôle et relevèrent la tête attendant une suite qui leur rappellerait pour la centième fois au moins la fureur meurtrière de Don José. Le silence leur parut pesant et lorsqu’ils découvrirent la pâleur du visage de Victor Maxime qui n’avait rien à voir avec le teint cuivré d’un séduisant toréador, ils comprirent la gravité du moment. Le diagnostic fut rapide et précis. L’équipage apprit de la bouche de Victor Maxime que, selon les relevés du système radar, un objet placé sur la même orbite que leur satellite se déplaçait dans leur direction, événement que confirmèrent les contrôles au sol. La masse de l’intrus laissait penser qu’il causerait un dommage important et peut-être fatal à leur satellite. Sa vitesse ne donnait à ses passagers aucune chance de se replier vers l’abri d’un vaisseau proche. S’il avait encore eu le cœur à chanter, il restait à Victor Maxime Ciberchic tout juste le temps d’achever le dernier acte de Carmen avant que l’impact n’ait lieu.

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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 10:47

Histoires Curieuses et édifiantes

en version numérique (epub)  aux éditions Chloé des Lys

4, 99 €

 

Histoires curieuses et édifiantes
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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 10:45

couverture def

L'édition numérique de par toutes ces nuits sans lune est au catalogue de Chloé des Lys pour 4,99€.  (www.editionschloedeslys.be 

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5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 00:00

Papier et /ou numérique

 

« C’est moins lourd qu’un livre papier, pensez donc, une bibliothèque dans un lecteur de quelques centaines de grammes ! »

« C’est moins cher : le livre à portée de toutes les bourses, mais c’est merveilleux ! » Voilà ce qu’on entend le plus souvent quand on  parle du livre numérique.  Mais ne s’agit-il vraiment que de kilos et d’euros ?

Autre argument : « C’est nouveau ! » Bien sûr ! Le fameux «  il faut vivre avec son temps. » C’est vrai, mais, le temps de l’émerveillement passé, c’est ici que doit commencer la réflexion. Faut-il, sous prétexte de suivre des progrès technologiques en perpétuelle évolution aller jusqu’à envisager et même souhaiter que le livre numérique remplace un jour le livre papier ? Ce n’est pas en ces termes qu’il faut poser un problème inévitablement philosophique. L’essentiel n’est-il pas en réalité, de déterminer jusqu’où peut aller la dépendance de l’homme face à l’envahissement de la technologie et aux nouveaux pouvoirs qu’elle génère ? L’avenir ne peut-être imaginé à partir de modèles véhiculés par les jeunes générations, enthousiastes et déjà conquises. Dans quelle mesure ne sont-ils pas les signes évidents de manipulations dont, cibles fragiles, elles seraient déjà les victimes.

On vous suit à la trace chaque fois que vous utilisez votre carte bancaire ou votre portable. Vous devenez aussi facilement localisable qu’une sardine balisée remise dans les eaux de l’Océan Indien. Vous êtes filmé (e) dans la rue. Vos conversations téléphoniques sont surveillables, vos courriels aussi. Le serez-vous chez vous (et dans votre lit) à travers ce que vous téléchargez et lisez ? Quoique vous fassiez, et quel que soit le vecteur, les puces électroniques ne vous quittent plus. Votre profil commercial pour les uns, politique pour les autres (c’est à envisager) rejoindra le grand catalogue qui s’écrit sur la toile. Il n’est pas difficile pour un George Orwell d’imaginer ce que sera 2084. Et alors ? me direz-vous. Alors, n’arrêtons pas cette réflexion en si bon chemin. Une œuvre écrite ayant pour seul support le numérique devient totalement virtuelle donc effaçable à souhait et bonne pour la poubelle de la mémoire. Quelques mots-clés glissés dans le filtre et c’est tout un pan de l’information ou de la culture qui est occulté. Cela fonctionne déjà dans certains pays. Les Gardes Rouges sont devenus inutiles. Il n’est même plus nécessaire d’acheter des allumettes pour organiser un autodafé. Quelques clics suffisent.

Le journal est déjà numérique. La tablette allait sauver la presse. Fort bien, on pouvait le croire… jusqu’à ce qu’un des concepteurs annonce le lancement de son propre quotidien. En sera-t-il de même pour le livre ? Les comités de lecture seront-ils, à l’avenir, choisis et appointés par les grands du numérique plus soucieux de vendre leur matériel que des ouvrages ? Auront-ils encore leur utilité et un bon formatage du lecteur (et de la lectrice) ne suffirait-il pas ?

Monopoles, dictatures et à nouveau l’ombre de ce bon Orwell qui se dessine. Brrr… ! Est-ce vraiment ce que souhaitent les auteurs de demain ?

En ce qui me concerne, je m’empresse de numériser ce texte et de le publier avant qu’il ne soit trop tard.

                                                                                                                                                               

Marcel Baraffe auteur de Ultiméa aux éditions Chloé des Lys et de Comme une vague inquiétude aux éditions L'Harmattan.                                              

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Published by M B - dans Pensées
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26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 10:48

Un extrait de Par toutes ces nuits sans lune

couverture def

         Le Moniteur Impérial, distribué régulièrement et gratuitement dans tout le pays, regorgeait d’histoires d’officiers, civils et militaires, coupables d’avoir enfreint les règles morales du Code en se livrant à la corruption, à la prévarication et au détournement à leur profit de biens publics. Tous connaissaient le cas du lieutenant-général qu’on exécuta sur-le-champ, contrairement à l’usage qui voulait que l’on attende l’automne. Il y avait aussi ces trois cent quatre-vingts fonctionnaires de tout rang qui avaient confondu argent du Trésor et fortune personnelle ; tous jugés coupables et punis comme il se doit. Il y avait aussi… mais Son Excellence le Préfet Wang connaissait tous ces cas et surtout celui, dernièrement, d’un vice-roi ; eh oui ! Pas moins qu’un vice-roi expédié dans un exil lointain et définitif pour y méditer sur la vertu et ses principes qui lui avaient fait défaut. Le Moniteur Impérial continuait inlassablement à livrer à la pâture publique des noms marqués du sceau de l’infamie. Ses lecteurs ne manquaient pas de frémir à la lecture des peines qui y étaient énoncées mais s’empressaient de les oublier en se disant qu’ils seraient suffisamment habiles pour ne pas ajouter le récit de leurs écarts à la liste des mauvais exemples. (page 84) 

 

Il s'agit, dans ce texte, de corruption dans la Chine Impériale. Un fléau qui, fort heureusement, a disparu de nos sociétés vertueuses du 21ème siècle. (note de l'auteur

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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 10:43

pavot  Le couteau déjà, comme pour un sacrifice, et le geste toujours identique, répété depuis six mille ans.  

     De la chair candide des capsules incisées par la pointe de la lame jusqu'aux vaisseaux du mésocarpe, lèvres à peine entr'ouvertes prêtes pour un premier baiser de mort, sourdent comme d'un sein de femme quelques perles de lait qui, lentement, coagulent. De la blessure, goutte à goutte, l'offrande du végétal à l'homme. Hypocrite et fatale.

  

     Elles sont Papaver album.  Grands pavots aux graines blanches. Fleurs de Joie de l'antique Sumer, aussi vieilles que les premiers traits d'écriture gravés dans l'argile des tablettes, aussi âgées que les poignards de lapis de la ville d'Ur. Lotus Blancs couvrant les collines de Thèbes et petites Princesses de Perse déposées dans les traces des chevaux conquérants d'Alexandre marchant vers le lointain Levant.

     Fleurs, elles sont fleurs, aussi belles que les plus belles.

     Elles sont papaver somniferum qui rendent les hommes aussi forts que les héros, aussi légers que les dieux. Elles sont les fleurs diaboliques, aussi gracieuses que les femmes les plus gracieuses, et que les moines inquisiteurs et fanatiques maudissent, parce qu'elles traînent derrière elles les parfums d'Orient. Elles sont les portes du Paradis qui s'ouvrent aux rêves des poètes écorchés dont elles délabrent le corps et rongent, hydres voraces, le cerveau.

     Elles sont les pavots inclinant leurs longues tiges vers la terre du Bengale, du Bihar et du Malwa qui les nourrit et dont elles tirent leurs reflets sombres. Elles agitent aux étés des tropiques et au vent des moussons leur arrogante beauté. Torpeur et violence dont elles s'enivrent. Et leur suc vénéneux s'abreuve à l'eau des pluies chaudes qui les fripe.

     Elles portent les fruits du soleil dont le lait vermeil malaxé prend les couleurs de la nuit. Alchimie secrète déposant dans la pâte inerte, l'esprit de quelque maléfique démon. (Les fleurs de guerre, prologue, page 7 et  8)

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Published by Baraffe - dans Chine ancienne
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Présentation

  • : Le blog de Marcel Baraffe
  • Le blog de Marcel  Baraffe
  • : Point de rencontre à travers mes romans et mes nouvelles de l'Histoire, de la fiction et de la poésie.
  • Contact

l'auteur

Marcel Baraffe

 Marcel Baraffe est né à Douai dans le Nord. Il a enseigné en France mais surtout à l’étranger. En Chine, d’abord, au début de la Révolution Culturelle puis en Gambie au Mexique, au Vietnam et au Maroc. En 2002,  il retourne en Chine, à l’Université de Shanghai. Il passe les premières années de sa retraite à la Réunion et depuis 2006, il vit dans le sud de la France. Mer, montagne, soleil, écriture...   

Sa fascination pour la Chine ancienne et son attrait pour la culture et l’histoire de ce pays lui inspirent ses premiers romans : Les larmes du buffle, Les fleurs de guerre, Les turbans de la révolte, abordent les guerres de l’Opium et la révolte des Taipings ; Poussière et santal, la fin de la dynastie mongole et l’avènement des Ming ; Conte de la neige et du vide, l’avènement des Qing. Brume de sang, paru récemment, s’inspire de la vie du poète Li Po qui vécut sous les Tang au 8ème siècle.   

Comme une vague inquiétude, roman de fiction, est une réflexion sur les nouvelles formes d’aliénation. Il a publié aux Editions Chloé des Lys Ultiméa, une œuvre de science-fiction et Histoires curieuses et édifiantes, un recueil de nouvelles.

Bibliographie

 

Les Larmes du Buffle, collection Roman Historique, L’Harmattan, Paris, 2001. ISBN 2-7475-0906-9

Les Fleurs de Guerre, collection Roman Historique, L’Harmattan, Paris, 2002. ISBN 2-7475-2714-X.  

 Les Turbans de la Révolte, collection Roman Historique, L’Harmattan, Paris, 2003. ISBN 2-7475-4901-1 

 Poussière et Santal, chronique des années Ming, collection Roman Historique, L’Harmattan, Paris, 2004. ISBN 2-7475-7680-9 

 Conte de la neige et du vide, une énigme à la Cour des Qing, collection Roman Historique, L’Harmattan, Paris, 2007. ISBN 978-2-296-02447-2  

 Comme une vague inquiétude, roman, collection Ecritures, L’Harmattan, Paris, 2008. ISBN 978-2-296-06185-9.  

 Brume de sang, roman, Collection Littératures, Editions Orizons», 2009. ISBN 978-2-087740-8 

 Ultiméa, roman de science-fiction, Editions Chloé des Lys, 2010. ISBN 978-2-87459-459-5 

 Histoires curieuses et édifiantes, Nouvelles, Editions Chloé des Lys, 2011 .ISBN 978-2-87459-587-5

 

Derniers romans

Par toutes ces nuits sans lune (2013)

couverture def 

 

Histoires curieuses et édifiantes, Editions Chloé des Lys (2011)

 

 première

 

 

Ultiméa,  Editions Chloé des Lys (2010)
 



    
Brume de sang,
  Editions Orizons (automne 2009)

Autres romans

 

Comme une vague inquiétude

     

Premi-re--de-c_WEB.jpg

 

Conte de la neige et du vide 

 

  couverture   

 

  Poussiére et santal

 

   couverture-copie-1


Les larmes du buffle
larmes du buffle

 

Les fleurs de guerre

fleurs de guerre

 

Les turbans de la révolte

les turbans de la révolte